Paul Franz 1876-1950

Paul Franz était un ténor lyrique et dramatique français reconnu comme l’un des meilleurs chanteurs wagnériens de son temps.

De son vrai nom François Gautier, il est né à Paris le 30 novembre 1876. Il a changé son nom de famille en Franz à cause du ténor Jules Gautier qui était déjà connu en France. 

Il était l’aîné de trois enfants de la famille. On sait très peu de choses sur son enfance, ainsi que sur l’endroit où Paul a commencé à étudier la musique. On sait seulement qu’avant même de rejoindre la scène de l’opéra, il a travaillé sur les chemins de fer français, ce qui, d’ailleurs, le rendit incroyablement résistant et lui fut par la suite très utile sur scène.

Paul Frantz dans Lohengrin

Pour se distraire il chantait en amateur dans une belle tessiture de baryton dans divers chœurs d’églises, ainsi que dans de petits théâtres amateurs. Cela jusqu’à ce qu’il fut entendu par un ténor de l’opéra Opera Comique qui lui conseilla de travailler les rôles pour ténor. Dès lors, il tenta à plusieurs reprises d’entrer au Conservatoire de Paris, mais à chaque fois le choix du comité de sélection se porta sur d’autres candidats. Après avoir été refusé par le conservatoire de Paris, il prit des cours avec Louis Delaquerrière à Paris. La chance lui sourit finalement en 1907 où il remporta le concours vocal du journal musical et théâtral «La Comoedia» ce qui ne manqua pas d’attirer l’attention du directeur du Grand Opéra de Paris. Le premier prix du concours supposait une bourse complète au conservatoire, de sorte que Franz a finalement été accepté comme étudiant. Reconnaissant, Paul Franz y fut un excellent élève, il a volontiers étudié non seulement les compétences vocales, mais s’est intéressé à la musique en général et est même devenu un excellent pianiste. Il fit ses débuts à Nantes dans Lohengrin et intégra la même année la troupe de l’opéra de Paris où il resta en tant que membre admiré jusqu’en 1938.

A Paris, son répertoire français comprenait des rôles tels que Eléazar dans La Juive, Roméo, Faust, Samson, Don José, Sigurd, Jean, Rodrigue dans Le Cid et Enée dans Les Troyens ainsi que beaucoup d’autres rôles dans des ouvres aujourd’hui délaissées pour la plupart. Son répertoire italien était basé sur Radames (Aida) et Otello. Chez Wagner il chanta Tannhäuser, Parsifal, Stolzing, Siegmund, Siegfried et Tristan. Il séjourna à Londres, à Covent Garden de 1910 à 1914 (Radames, Samson, Raoul, Don José, Julien). En 1915, il se produit à La Scala et en 1918 au Teatro Colón de Buenos Aires et à Monte-Carlo en 1922 et en 1923 pour la première mondiale de Lysistrata de Raoul Gunsbourg. Il chanta également en Belgique (Verviers, Bruxelles) à la Scala de Milan et à Rome. Il participa également à l’opéra de Paris à diverses premières: Parsifal en 1914, La Légende de Saint Christophe (Vincent d’Indy) en 1920, Antar (Gabriel Dupont) en 1921, Les Troyens (Hector Berlioz) en 1921 et Padmâvati (Albert Roussel) en 1923.

Siegfried Wagner le destinait au Festival de Bayreuth de 1915, mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale empêcha ces plans.

Il se retira de l’Opéra en 1938. Après ses adieux sur scène, il fut nommé professeur au Conservatoire National de Paris. Il a également été actif en tant que compositeur (ballet L’Orchestre en liberté) et traduisit des textes de lieder allemands de Schubert et Schumann. Il décéda à Paris le le 20 avril 1950.

Frantz dans le rôle titre
de Sigurd de Reyer

Paul Franz avait une voix naturelle, sombre et puissante, avec des registres parfaitement fondus et une expressivité prononcée. Elle était non forcée, et sans avoir à simuler un effet d’airain, car c’est une voix de clairon de bas en haut.à la fois lyrique et forte, avec des phrases larges et bien délimitées. En outre, sa taille, sa carrure, aussi la taille de sa voix convenaient parfaitement aux grands rôles héroïques. Certains enregistrements électriques, réalisés alors qu’il avait plus de 50 ans, le montrent encore à la hauteur de ses capacités. Il a réalisé une quantité considérable d’enregistrements pour HMV, Pathé et Columbia entre 1909 1932.