Graziella Pareto 1889-1973

Graziella Pareto était une soprano espagnole considérée comme l’une des plus grandes sopranos colorature de l’école espagnole du XXème siècle, aux côtés de Maria Barrientos, Maria Galvany et Mercedes Capsir.

Elle naquit à Barcelone le 6 mai 1889. Sa mère qui était la soprano Àngela Homs i Bugueras, encouragea le talent évident de sa fille dès son plus jeune âge et lui fit donner des cours de chant à Barcelone. À l’âge de quinze ans, Pareto déménagea à Milan où elle étudia avec Melchiorre Vidal, qui fut également professeur de Francisco Viñas, Julián Gayarre, Rosina Storchio, Elvira de Hidalgo et Lucrezia Bori. Elle fut donc à bonne école.

Graziella Pareto

En 1906, elle fit ses débuts officieux dans Micaëla (Carmen) au Teatro Liceu de Barcelone, mais sa véritable percée peut être datée de 1908 au Teatro Real de Madrid dans le rôle d’Amina (Sonnambula) et un peu plus tard dans ceux de Gilda et Lucia. L’année suivante, elle choisit de nouveau Amina pour ses débuts italiens au Teatro Regio di Parma et incarna pour la première fois Ophélie avec Titta Ruffo (Hamlet) à l’Opéra de Rome en 1909. La même année, elle chanta Ophelia au Teatro San Carlo avant de se rendre en Amérique du Sud où elle fut engagée au Teatro Colón. Lors des saisons 1909 et 1910, elle y triompha dans les rôles de Gilda, Ophelia, Adina et Rosina, dans des tournées où étaient également présents des chanteurs comme Bonci, Anselmi, Ruffo, De Luca et Didur.

À Saint-Pétersbourg, elle chanta Fra Diavolo et Martha et, en 1912, au Teatro Regio de Turin: Rigoletto, Lakmé, Gli Ugonotti et Roméo et Juliette. Pour ses débuts à la Scala en 1914 elle fut Gilda (avec Galeffi et Lázaro) avec un grand succès, tout comme sa première Traviata à Madrid avec Stracciari. À l’Opéra de Monte-Carlo entre 1915 et 1921, Pareto devint la coqueluche du public dans: I Pagliacci et Lucia (avec Enrico Caruso), Rigoletto et Traviata (avec Battistini), Il Barbiere di Siviglia (avec Mc Cormack, Badini et Vanni-Marcoux) et, encore une fois dans Rigoletto avec Smirnov.

Graziella Pareto

En 1920 à Covent Garden elle chanta Don Pasquale, Traviata, et Les Pêcheurs de perles dirigés par Sir Thomas Beecham. Beecham décrivit sa voix «d’une beauté exquise et d’une pureté sans faille» et se souvient de sa Traviata comme «la plus attrayante et satisfaisante dans mes souvenirs». Elle fit l’unanimité pour sa Violetta. La plupart des critiques étaient enthousiasmés par sa fraîcheur juvénile et la douceur envoûtante de sa voix, mais avaient simplement des réserves concernant sa taille relativement petite et la légèreté de sa voix qui, à l’exception des notes de tête, était trop facilement couverte par l’orchestre.

Lorsque l’opéra de Chicago rechercha une nouvelle colorature pour remplacer Galli-Curci au début des années vingt, Pareto s’y établit au cours des saisons 1923-24 et 1924-25. Elle y interpréta Lucia, Lakmé, Fra Diavolo, L’Elisir d`amore, Il Barbiere di Siviglia (avec Schipa, Rimini et Chaliapine), Il segreto di Susanna, Roméo et Juliette,Martha et bien sûr Traviata

Graziella Pareto: à gauche dans Traviata, à droite dans le rôle de Rosine du Barbier de Séville

Après une longue absence, Pareto revint au Teatro Cólon en 1926-27 pour Rigoletto, Barbiere, Don Pasquale et comme Ophelia avec Tita Ruffo.

 À partir du milieu des années vingt, son activité se ralentit. Son deuxième mariage avec le compositeur Gabriele Sibella, en 1926, a put être la cause de sa semi-retraite car elle était encore au sommet de ses moyens. Au cours de l’été 1931, elle revint cependant pour quelques représentations chantant Carolina dans Il Matrimonio segreto au Festival de Salzbourg. Elle se retira ensuite définitivement et vécut avec son deuxième mari à Rome.

Graziella Pareto est décédée le 1er septembre 1973 à Rome.

Graziella Pareto

La fin du XIXème siècle a vu naître un nombre impressionnant de sopranos espagnoles de premier ordre: Maria Galvany, Maria Barrientos, Lucrezia Bori, Elvira de Hidalgo, Mercedes Capsir et Graziella Pareto. Cette dernière fut exceptionnelle en raison de la beauté et de la délicatesse de sa voix. Son chant a ravi le public américain dans les années 20 et elle est considérée comme l’une des voix de soprano léger et colorature les plus pures et les plus musicales de l’entre-deux guerres. Elle fut un lien entre les écoles espagnoles et italiennes.