Fritzi Jokl 1895-1974

Fritzi Jokl était une soprano colorature austro-américaine qui chantait non seulement avec une agilité remarquable, mais aussi avec un style tout à fait imaginatif.

Fritzi Jokl naquit à Vienne le 23 mars 1895 et montra un intérêt précoce pour la musique.  Sa formation vocale se fit notamment avec Mme Rosenthal-Ranner qui était l’épouse du pianiste virtuose Moriz Rosenthal. Elle fit ses débuts à l’Opéra de Francfort où elle séjourna pendant cinq ans. On lui a d’abord confié tous les rôles de garçons du répertoire lyrique allemand, mais elle a rapidement chanté Rosina, Cherubin et Sophie. Sa Sophie fut particulièrement admirée par le public et les critiques. En peu de temps, elle est devenue l’une des jeunes chanteuses les plus prometteuses d’Allemagne. Elle a passé deux saisons à l’Opéra de Darmstadt puis s’est rendue pendant deux saisons supplémentaires au Volksoper de Berlin, où elle a interprété Konstanze, Norina et Traviata. Cependant, le Volksoper n’a pas pu tenir tête à la concurrence des autres opéras de Berlin et fut contraint de fermer. Fritzi Jokl est alors devenue la vedette de l’opéra de Cologne. 

Elle a chanté à Covent Garden (Ariane à Naxos) en alternance avec Maria Ivogün. Elle a été invitée à l’Opéra de Munich, où elle remporta un succès remarquable avec Zerbinetta (Ariane à Naxos) dirigée par le Richard Strauss en personne. Elle a été immédiatement engagée pour le Festival de Munich, obtenant une série de triomphes. Sous la baguette de Hans Knappertsbusch, elle a chanté Susanna et Despina. Son répertoire comprenait en outre Gilda, Nedda, Olympia, Marzelline et Rosalinde. Elle a participé à la renaissance du compositeur Alessandro Stradella. Karl Böhm a en outre été son chef d’orchestre dans de nombreuses représentations. 

Fritzi Jokl

En 1932, Fritzi Jokl fut invitée par Otto Klemperer à rejoindre le Kroll Oper à Berlin, mais à la suite des changement politiques survenus en Allemagne à cette époque, Klemperer a dû partir et la soprano qui était d’origine juive n’a pas été autorisée à commencer son engagement. Elle quitta l’Allemagne en 1937 pour les Etas-Unis ce qui marqua la fin de sa carrière. En effet, au Metropolitan de new-York, les rôles qui correspondaient à sa voix étaient la propriété de Lily Pons et de Bidù Sayão, et la direction du Met ne lui offrit aucun contrat. Elle continua à chanter mais principalement dans des cercles privés. Elle s’est installée à New-York et a épousé l’auteur et journaliste Jack Siegel. Elle est décédé à New York le 15 octobre 1974.

Fritzi Jokl n’a enregistré que 19 titres pour Parlophone entre 1924 et 1928 (13 titres sur Preiser) qui sont tous de véritables trésors. Elle appartient aux plus belles sopranos «légères» jamais enregistrées.