Elly Ameling 1933-

Elly Ameling est une soprano hollandaise, aujourd’hui à la retraite, qui fut internationalement reconnue pour ses récitals de lieder.

Elly Ameling

Elisabeth Sara «Elly» Ameling naquit le 8 février 1933 à Rotterdam où elle a grandi.  Adolescente, Ameling étudia le chant avec plusieurs professeurs néerlandais dont Jo Bollenkamp à Rotterdam et Bodi Rapp à La Haye. Elle compléta sa formation artistique avec Pierre Bernac à Paris. En 1956, elle remporta le premier prix du concours vocal de ‘s-Hertogenbosch, mais sa carrière a vraiment commencé à décoller après avoir remporté le premier prix au Concours International de Musique de Genève en 1958. De nombreux autres premiers prix suivirent.

Elly Ameling et son accompagnateur, le pianiste Dalton Baldwin

Elly Ameling fit ses débuts officiels en récital à Amsterdam en 1961. Suivirent des concerts avec le Concertgebouw Orchestra d’Amsterdam, l’Amsterdam Philharmonic et l’Orchestre philharmonique de Rotterdam qui ont assuré sa réputation. Elle fit sa carrière principalement en tant que récitaliste avec quelques rares incursions dans l’opéra notamment avec le rôle d’illia (Idomeneo)  à Washington. Elle fut mondialement connue pour ses récitals de mélodies françaises et allemandes et pour ses dons d’interprétation hors du commun. Elle a également brillé dans la musique de chambre, la musique d’orchestre, les opéras et les oratorios. Son répertoire allait de Monteverdi et Bach à Benjamin Britten, Menotti, Francis Poulenc et Gershwin, en passant par Mozart, Schubert, Schumann, Wolf et Debussy. Les œuvres contemporaines, notamment de ses compatriotes Bertus van Lier et Robert Heppener, firent également partie de son vaste répertoire. Elle fut très souvent accompagnée par le pianiste Dalton Baldwin. Ses rôles lyriques comprenaient Ilia, Fiordiligi (Cosi fan Tutte) en 1958, Jacqueline (Fortunio de Messager en 1959), et la Marchesa dans Un giorno di regno de Verdi en 1974. 

Elle chanta pendant plus de quarante ans dans pratiquement tous les grands centres culturels du monde et avec la plupart des principaux orchestres et chefs internationaux comme Seiji Ozawa, André Previn, Wolfgang Sawallisch, Neville Marriner, Karl Münchinger et Edo de Waart. Les débuts d’Ameling en pays anglo-saxons se firent à Londres en 1966 et, deux ans plus tard, à 30 ans, elle tint son premier récital à New-York. Elle revint régulièrement aux États-Unis et en Grande-Bretagne et se produisit dans le monde entier. 

Elly Ameling a aussi beaucoup enregistré de 1970 à 1980. Sa discographie est riche d’environ 150 albums qui furent couronnés par des grands prix du disque et laissent le témoignage d’une artiste particulièrement attachante dont le style et le timbre sont immédiatement identifiables. Entre 1970 et 1973, elle a enregistré cinq albums de musique de Johann Sebastian Bach. En 1971 et 1976, elle a publié des albums consacrés à Ludwig van Beethoven. Elle a réalisé un album de lieder de Brahms en 1972, deux albums de mélodies de Gabriel Fauré en 1974 et 1975, et enregistré la Symphonie N°4 de Gustav Mahler en 1979. Elle a également enregistré des albums d’œuvres de Claude Debussy, George Fridrich  Haendel, Domenico Cimarosa, Anton Bruckner, deux albums de chansons de Noël et deux collections de chansons et d’airs d’opéra. Elle reçut à deux reprises le prix Edison.

Elly Ameling en récital avec Dalton Baldwin

Le coffret de quatre CD « Elly Ameling: The Early Recordings, 1964-1968 », permet de l’entendre à son meilleur. David Patrick Stearns a décrit son chant comme «un prisme clair… un miroir cristallin des intentions du compositeur». Elly Ameling laisse des enregistrements de référence de Lieder de Schubert, parmi lesquels ce très précieux disque enregistré dans la quiétude du château Renaissance de Kircheim, dans le Wurtemberg avec son complice viennois Jörg Demus. Il règne dans cet album, réalisé en 1965, un exceptionnel climat de ferveur et d’émerveillement. Elle réalisa de nombreux disques avec son partenaire Dalton Baldwin et excella dans la musique baroque, comme cette Judith Triomphante sous la direction de Vittorio Negri dans laquelle on découvrait un autre visage de Vivaldi, celui d’un compositeur vocal de première importance. La musique populaire américaine a également inspiré la chanteuse néerlandaise qui a consacré un album, Sentimental Me, à des musiques de George Gershwin, Cole Porter et Duke Ellington.

Elly Ameling en 1989

Les critiques ont noté que la performance d’Ameling sur son dernier album, Songs of Hugo Ball, enregistré en 1991, faisait allusion aux raisons pour lesquelles elle avait choisi d’abandonner sa carrière à 57 ans. Elle ne possédait plus ce qu’elle-même, dans Opera News, avait appelé «une très jeune voix, puérile et pure». 

Malgré les changements inévitables que l’âge apporte à la voix d’un chanteur, Ameling peut se targuer d’une carrière distinguée, prolifique et réussie. Elle peut servir de référence pour les futurs chanteurs. Sa technique semblait aisée, sans aucun effort. Sa fraîcheur interprétative respirait l’esprit et le charme. De plus, sa facilité linguistique lui a permis de chanter parfaitement en allemand, français, italien ou anglais.