Anneliese Rothenberger 1924-2010

Anneliese Rothenberger était une soprano lyrique et colorature allemande qui fut particulièrement admirée pour ses interprétations des œuvres de Mozart et de Richard Strauss dans la période 1943-1983. 

Anneliese Rothenberger naquit à Mannheim (Allemagne) le 19 juin 1924. Elle étudia le chant à la Musikhochschule de Mannheim avec une interprète straussienne renommée, Erika Müller. Elle fit ses débuts au Théâtre municipal de Coblence en 1943, comme actrice d’abord, puis en qualité de chanteuse. Sa carrière démarra vraiment après la guerre, en 1946, à Hambourg, période durant laquelle elle chanta aussi beaucoup à la radio. Elle rejoignit l’Opéra de Düsseldorf en 1956. Elle commença ensuite une longue association avec l’Opéra d’État de Vienne de 1958 à 1975, et le Festival de Salzbourg de 1954 à 1973.

L’année 1960 vit ses débuts à La Scala de Milan, au Metropolitan Opera de New-York et au Festival de Glyndebourne. Dès lors, elle fut invitée sur toutes les grandes scènes lyriques d’Europe et d’Amérique. 

Anneliese Rothenberger

Blonde et glamour, elle fut d’abord particulièrement admirée pour ses interprétations des rôles de soubrette comme Adèle (La Chauve-Souris de Johann Strauss fils), puis pour ses remarquables incarnations de deux jeunes héroïnes de Richard Strauss, Sophie du Chevalier à la rose et Zdenka d’Arabella (rôle dans lequel elle fera ses débuts au Metropolitan Opera de New-York, en 1960). Pour la grande straussienne Lotte Lehmann, elle fut tout simplement la meilleure Sophie du Chevalier à la rose. Herbert von Karajan la choisit pour interpréter, aux côtés d’Elisabeth Schwarzkopf et de Sena Jurinac, la mémorable performance filmée de Der Rosenkavalier au Festival de Salzbourg. Rothenberger brilla également dans le répertoire colorature, incarnant en particulier Musetta (La Bohème) et Susanna (Les Noces de Figaro). Elle excella aussi dans le répertoire contemporain, plus difficile, comme Lulu d’Alban Berg (rôle-titre). Elle participa à la création de Penelope de Rolf Liebermann (rôle de Telemachus), en 1954, au festival de Salzbourg, et de Madame Bovary de Heinrich Sutermeister à l’Opéra de Zurich en 1968. Elle fit une tournée triomphale en Russie en 1970.
Grande interprète de Mozart et de Richard Strauss, son répertoire inclut aussi Ondine de Tchaïkovsky, Der Wildschütz d’Albert Lortzing, Martha, Die Fledermaus, Rigoletto, La Traviata, etc.

Anneliese et son mari Gerd Dieberitz

En 1970, elle commença sa deuxième carrière en qualité de star de la télévision avec des programmes tels que «Anneliese Rothenberger se donne l’honneur» ou «Dream Land Operetta» touchant des millions de téléspectateurs. Ses films musicaux et ses fréquentes apparitions à la télévision, ainsi que ses nombreux disques la rendirent très populaire en Allemagne et en Autriche. Ayant pris sa retraite de la scène lyrique en 1983, elle continua à donner des récitals jusqu’en 1989. Après la mort de son mari et manager, Gerd Dieberitz, en 1999, elle s’installa à Salenstein sur la rive suisse du lac de Constance. Elle a publié son autobiographie Melodie meines Lebens en 1972.

Elle est décédée le 24 mai 2010 et fut inhumée au Minau Schlosskirche à Constance.


Anneliese Rothenberger fut l’une des plus ravissantes sopranos de son époque, admirée autant pour son aisance dans la colorature que son charme dans les rôles lyriques. Les rôles mozartiens de Susanna et Pamina lui convenaient particulièrement bien, tout comme celui d’Adèle (Die Fledermaus). Le rôle-titre de Lulu a également montré ses remarquables capacités d’actrice. Son passage ultérieur dans des rôles de soprano plus lourds était sans doute mal avisé. Sa Fiordiligi à Salzbourg (1969) a été saluée pour sa douceur tonale, sa netteté et sa précision, mais critiquée pour son manque de poids. Ses débuts dans le rôle de la compositrice dans Ariadne auf Naxos (festival de Munich, 1971) étaient également décrits comme impressionnants mais inadaptés vocalement.