Irène Abendroth 1872-1932

Irène Abendroth fut une soprano colorature autrichienne dont la carrière s’est déroulée principalement à Vienne, Riga, Munich et Dresde.

Irène Abendroth naquit le 14 juillet 1872 à Lemberg, une ville qui à l’époque faisait partie de l’empire d’Autriche-Hongrie, aussi appellée Lwów ou Lvov ou Lviv aujourd’hui située à l’ouest de l’Ukraine, à environ 70 km de la frontière polonaise. Ses parents étaient juifs. Elle montra assez tôt un talent musical particulier. À l’âge de huit ans, elle participa à un premier concert, puis étudia le chant avec Francesco Lamperti et Cleofonte Campanini à Milan, puis  avec Emma Gin-Babnigg et Aurelie Wilczek à Vienne. 

Francesco Lamperti (1813 – 1892) fut un professeur de chant italien exceptionnel, professeur au Conservatoire de Milan. A droite une édition russe qui comprend trois ouvrages pédagogiques et méthodologiques du maestro: un guide théorique et pratique pour l’étude du chant, l’art du chant selon les méthodes classiques et règles techniques et conseils pour étudiants et artistes avec exercices quotidiens de chant. Le livre est un ensemble de règles de l’ancienne école italienne de chant. il contient des informations sur la physiologie de la voix, la respiration du chant, la technique du chant, la prononciation, le phrasé, ainsi que des conseils pour les artistes novices.
Portraits de Irène Abendroth

En 1888, elle fit ses débuts en concert à Karlsbad. Ses débuts à l’opéra eurent lieu le 15 septembre 1889, à l’âge de 16 ans, au Hofoper de Vienne dans le rôle d’Amina (La Sonnambula). Au cours de la saison 1889-1890, elle se produisit au Hofoper de Vienne puis de 1890 à 1891 à l’Opéra Latvijas Nacionālā de Riga. Elle passa la saison 1891-1894 au Hofoper de Munich et de 1894 à 1899 chanta à nouveau au Hofoper de Vienne où elle participa à la première de l’opéra (Das Heimchen am Herd) de Goldmark le 21 mars 1896. A partir de 1899, elle fut engagée par le Hofoper de Dresde, où sa carrière dura jusqu’en 1909 et atteignit son apogée. Elle s’est toutefois produite à la Hofopern de Berlin (plusieurs fois entre 1905 et 1907) et à Stuttgart, à l’Opernhaus de Francfort (1907), au Deutschen Theater de Prague (1907) et à l’Opernhaus de Leipzig. À Dresde, elle chanta en 1902 dans la première allemande de Tosca de Puccini, le 30 octobre 1903 et participa à la création de l’opéra Odysseus Tod d’August Bungert. 

Son répertoire comprenait notamment Norma, Traviata, Lucia dans (Lucia di Lamermoor), Philine dans (Mignon de Ambroise Thomas), Rosina dans (Il Barbiere di Siviglia), Sieglinde (Die Walküre), Donna Elvira (Don Giovanni), Isabella (Robert le Diable), Marguerite de Valois (Les Huguenots), Selika (L’Africaine), Gilda (Rigoletto), Leonora (Il Trovatore), Amelia (Un Ballo in maschera), Desdemona (Otello), Nedda dans (Pagliacci) et Rezia dans (Oberon). En 1902, elle a enregistré 11 disques pour G&T à Dresde.

Irène Abendroth

Par la suite elle s’est consacrée à des récitals et devint à Vienne professeure de chant à partir de 1910. Depuis 1900, elle était mariée au directeur du chemin de fer fédéral autrichien Thomas Joseph Taller, mais lors des évènements de la Première Guerre mondiale, elle a perdu presque tous ses biens et vécu à Vienne dans des conditions précaires. 

Décédée à Weidling, près de Vienne en 1932 à l’âge de 60 ans, elle est inhumée au cimetière de Weidling non loin de la tombe du poète Nikolaus Lenau.

Tombe de Irène Abendroth au cimetière de Weidling