Léon Campagnola 1875-1955

Léon Campagnola (1875-1955) fut un ténor français qui fit une belle carrière des deux côtés de l’Atlantique durant le premier quart du XXème siècle. 

Fils d’Antoine Campagnola, mécanicien, et d’Angèle Marie Alais, ménagère, Léon Pierre Campagnola est né le 8 février 1875 à Marseille. Il commença ses études de chant en tant que baryton au Conservatoire de sa ville natale. Il a ensuite gagné le Conservatoire de Paris où il étudia avec le célèbre baryton Théophile-Adolphe Manoury (1846-1909). Sous la tutelle de Manoury, le jeune chanteur perfectionna sa technique et réorienta sa voix de baryton à ténor.

Léon Campagnola

Il fit ses débuts sur la scène lyrique à Versailles dans le rôle de Vincent (Mireille) en 1903. La saison suivante, Campagnola se rendit en Belgique pour accepter un contrat à Mons puis à Gand, Bruxelles et Anvers. Campagnola endossa principalement des rôles lyriques dans des œuvres telles que Mireille, Lakmé, Mignon, Le Barbier de Séville, Les Pêcheurs de Perles et La Dame Blanche. Il se vit offrir le rôle de Léopold dans La Juive au Théâtre du Capitole à Toulouse. Le jeune ténor a fit forte impression dans ce rôle secondaire, ce qui lui permit de se voir proposer le rôle de Des Grieux dans les premières représentations françaises de Manon Lescaut de Puccini en 1907. Il eut ensuite des engagements dans les grandes maisons de Genève, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Pau, Tours, Nimes, Bézier et Toulon. Campagnola fut invité à l’Opéra de Paris, où il fit ses débuts en tant que Roméo dans l’opéra de Gounod aux côtés de Maria Koutsnetzova. Il y chanta le Duc de Rigoletto, Les Maitres Chanteurs, Faust. Il participa, en outre, à la reprise de Gwendoline de Chabrier (1911) et à la création des Joyaux de La Madonne de Wolf-Ferrari où il fut Gennaro aux côtés de Lyse Charny et de Vanni-Marcoux.

Campagnola dans La Dame Blanche de Boieldieu

Les informations selon lesquelles le directeur général Andreas Dippel avait engagé Campagnola pour chanter au Metropolitan Opera se sont avérées fausses. Bien qu’il n’ait jamais chanté au Met, Campagnola a fait ses débuts aux États-Unis à Philadelphie le 5 février 1913 dans le rôle de Wilhelm Meister (Mignon). Cette production faisait partie d’une tournée nord-américaine qui comprenait des représentations à Baltimore, Boston, Chicago, Los Angeles et New York.

La déclaration de guerre le contraignit à regagner la France où il fut mobilisé. Si durant quatre années il développa une activité plus réduite, il continua à se produire à l’Opéra de Paris, Toulouse, Bordeaux, Marseille et, en 1916, à la Scala de Milan lors d’un gala franco-italien aux côtés de Marguerite Carré. En 1919 sa carrière reprit son cours normal. Il épousa à Marseille, le 25 septembre 1909, Jeanne Henriette Ibos.

 Bien qu’il ait à nouveau chanté à la Scala de Milan en 1917 dans le rôle de des Grieux (Manon de Massenet), il se trouva de plus en plus relégué dans les opéras de province en France et en Belgique sans doute à la suite de l’interruption de sa carrière pendant la guerre.

Campagnola dans Sapho

À l’âge relativement jeune de 52 ans, Campagnola, toujours au sommet de ses possibilités vocales prit la décision de quitter la scène. Il se retira dans la ville d’Aulus-les-Bains dans les Pyrénées, où il se consacra à l’enseignement du chant. Campagnola s’est également adonné à son passe-temps favori, la peinture, et a passé de nombreuses heures à créer des portraits et des paysages. Insistant obstinément à travailler à l’extérieur par les températures glaciales, il finit par souffrir d’une bronchite pour laquelle il refusa tout traitement, préférant rester chez lui, boire du café et fumer sa pipe. Sans surprise, l’état du vieux ténor s’est aggravé et il a dû être transporté à l’hôpital de Marseille. C’est là, au lieu de sa naissance, que Campagnola est décédé le 11 janvier 1955, à un mois de son 80ème anniversaire.

Léon Campagnola possédait un répertoire diversifié de plus de 30 rôles dans des opéras tels que Lakmé, Werther, Roméo et Juliette, Faust, Hérodiade, Thaïs, Le Jongleur de Notre Dame, Alceste, Louise, Carmen, La Reine Fiamette, I Gioielli della Madonna, Die Meistersinger, Tosca, La Bohème, Cavalleria Rusticana, Pagliacci et Rigoletto. 

Ses nombreux enregistrements, réalisés entre 1911 et 1926 pour Pathé, Victor et H.M.V., mettent en valeur une large voix de ténor spinto bien maîtrisée associée à une approche expressive et éloquente de la musique. Il fut l’un des derniers ténors de sa génération capable de conduire une voix dramatique avec la technique et la souplesse du bel canto.

Léon Campagnola