Francesco Merli 1887-1976

Francesco Merli fut un ténor dramatique italien, particulièrement associé à des rôles lourds comme Otello, Canio et Calaf. Il est considéré comme l’un des meilleurs ténors dramatiques de l’entre-deux-guerres et fut le plus célèbre Otello des années 1930-1940.

Francesco Merli est né Francesco Cova à Corsico (Milan), fils de Luigi et Emilia Cova. Il a étudié à Milan, avec Carlo Negrini et Adelaide Borghi. En 1914, il remporta le deuxième prix d’un concours de chant à Parme, devancé de la première place par le grand Beniamino Gigli. 

Il fit ses débuts à la Scala de Milan en 1916, dans le rôle d’Alvaro Fernando Cortez de Gaspare Spontini. Le 12 septembre 1918, il fut Elisero dans la première de Moïse et Pharaon de Rossini dirigée par Tullio Serafin avec Nazzareno De Angelis et en décembre il chanta dans la première mondiale d’Urania d’Alberto Favara à La Scala. En 1919 au Teatro San Carlo de Naples, dirigé par Leopoldo Mugnone, il fut Luigi (Il tabarro) avec Domenico Viglione Borghese et Rinuccio dans Gianni Schicchi avec Gilda Dalla Rizza et Viglione Borghese. On le retrouva ensuite au Teatro Comunale de Bologne en Paolo (Francesca da Rimini de Zandonai dirigé par Serafin avec Giuseppe Nessi.

En 1920 il chanta Walter von Stolzing dans les Maîtres Chanteurs de Nuremberg dirigé par Serafin avec Maria Zamboni, Ernesto Badini et Enrico Molinari au Teatro Regio de Turin, puis en 1921 à Bologne un autre Walter dans Loreley dirigé par Serafin et, au Teatro Regio de Parme, Enzo de La Gioconda avec Giannina Arangi-Lombardi.

Tenues de scène de Francesco Merli

Il s’est produit dans de nombreux théâtres européens et américains, dont Covent Garden à Londres, où il fut le premier interprète de Calaf (Turandot), ainsi qu’en tournée en Belgique et en Australie. Il a chanté régulièrement dans la saison d’opéra de la Scala et dans celle du Teatro dell’Opera à Rome, où dans les années trente du XXème siècle il était particulièrement célèbre dans les rôles d’Otello, Dick Johnson (La fanciulla del West), Samson et Dalila et Don José (Carmen).

En 1932, il chanta quatre opéras au Metropolitan de New-York (Aida, Lucia di Lammermoor, Simon Boccanegra et Madama Butterfly), aux côtés d’artistes illustres tels que Lily Pons, Giuseppe De Luca, Ezio Pinza, Lawrence Tibbett. Mais ses performances au Met n’ont pas été considérées comme un succès en raison d’ennuis de santé. Le 20 mars 1932, il chanta Ah si ben mio … Di quel pira (Le trouvère), à l’issue d’un concert caritatif au Met, aux côtés de Georges Thill, ténor déjà établi et plébiscité dans le monde entier. Le jeune Merli fut très apprécié, à tel point qu’il fut invité à participer à un autre concert de gala le 10 avril de la même année, avec Lauritz Melchior, l’immense ténor wagnérien. Merli a chanté le duo d’Aida avec la mezzo-soprano Dreda Aves. Dans le même concert, Lily Pons a chanté trois morceaux de virtuosité. Par la suite, La Scala est devenue sa base d’opéra.

En 1935, il se produisit à l’Opéra Paris dans le rôle de Pollione de Norma, puis se produisit à l’opéra de Copenhague et au Théâtre des Champs Elysées à Paris.

Merli dans Otello de Verdi

Le rôle qui lui a apporté la plus grande renommée fut sans aucun doute l’Otello de Giuseppe Verdi, avec une interprétation somptueuse et historiquement importante car elle a ensuite inspiré le grand Mario Del Monaco ainsi que Plácido Domingo. Il a joué ce rôle dans de nombreux théâtres à travers le monde, offrant sa dernière représentation d’Otello à Trieste en 1946, sous forme d’un concert célébrant ses trente années de carrière.

Il était réputé pour sa puissance vocale, son timbre pénétrant et sa diction incisive. Ces qualités lui ont permis de s’attaquer à un large répertoire d’opéra, allant des œuvres de bel canto aux rôles de vérisme en passant par des parties héroïques comme Otello. Parmi les autres opéras célèbres auxquels il participa, citons, entre autres, Guillaume Tell, Il pirata, Il trovatore, La forza del destino, Andrea Chénier, Manon Lescaut et Pagliacci.

Son incarnation d’Otello est devenu mondialement connue, tout comme son interprétation de Calaf dans Turandot. En 1938, il participa à un enregistrement complet de cette dernière œuvre, avec Gina Cigna et Magda Olivero. Il a également réalisé de nombreux enregistrements d’airs d’opéra. Ces enregistrements, comme le Turandot complet, ont été réédités sur CD. Merli a également créé le rôle-titre de Belfagor de Respighi en 1923, mais il n’a pas été enregistré. Il se retira de la scène en 1948 se consacrant à l’enseignement à Milan et mourut dans cette ville à l’âge de 89 ans le 12 décembre 1976.