Georges Imbart de La Tour 1865-1911

Georges Imbart de La Tour était un ténor lyrico-spinto français de la fin du XIXème siècle.

Jean Baptiste Georges Imbart de La Tour est né à Paris le 20 mai 1865. Il était le deuxième garçon de Jean-Baptiste et de Julie Nathalie Descrimes. Comme ses frères Pierre Gilbert, Jean Marie et Jacques Jean Baptiste, il fit ses études au lycée Stanislas à Paris. Il participera d’ailleurs quelques années plus tard aux fêtes du centenaire du Collège en y interprétant Wagner. Régulièrement d’ailleurs, et en remerciements au prêtre de l’église Saint Roch qui l’avait soutenu financièrement à ses débuts, il ira assurer un Service Musical dans cette église. Ses parents, qui le destinaient à une carrière militaire (Georges fut admis à St Cyr, mais une chute de cheval l’empêcha de continuer) furent plutôt déçus de le voir s’orienter vers une carrière de saltimbanque. Arrivé deuxième au Conservatoire en 1888, il fut premier prix d’airs d’opéra en 1890 à Paris.

Sa carrière débuta vraiment en 1892 dans Les Huguenots, à Genève, où il incarna également Werther, Winkelried de Louis Lacombe (créé à titre posthume le 17 février 1892), et Die Walküre. Après Genève, Imbart de la Tour fit ses débuts à l’Opéra-Comique de Paris. Il y chanta de rôles comme Don José et Gérald. Noël et Soullig dans Les annales du théâtre et de la musique écrit : « M. Imbart de la Tour a fait de très bons débuts en José dans Carmen. »

La saison suivante (1895), Imbart de la Tour se produisit à Monte-Carlo, Nice et Marseille.

En 1897, il fut engagé par le Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Il développa sa carrière à la Monnaie jusqu’en 1904 en chantant Tannhäuser, Lohengrin, Walter, Radames, Roméo, Samson et Jean. Il participa aux premières représentations à la Monnaie de Fervaal (12 mars 1897), Das Rheingold, Jean-Michel d’Albert Dupuis en 1903 avec Claire Friché, Henri Dangès, Édouard Cotreuil et Till Ulenspiegel le 18 janvier 1900.

Un critique écrivit, à propos de la création de Jean-Michel : M. Imbart de la Tour, que Bruxelles volait déjà depuis huit ans à Paris, s’est créé un personnage sensible et simple, un rôle important ; il chantait d’une voix sûre et ample avec un art consommé et une chaleur communicative. »

Il fut invité à l’Opéra-Comique (première représentation de Fervaal le 10 mai 1898 avec Jeanne Raunay, Sé Beyle, Daumbel, Messager), et en 1900 à Covent Garden (dans les rôles de Radamès, Don José, Faust et Tannhäuser).

Au cours de la saison 1900-1901, il fut engagé par le Met, mais n’y chanta que Radamès dans Aida et deux concerts du dimanche soir.

En 1901 et 1909, il exécuta les temps forts de Die Walküre aux Concerts Colonne avec Jeanne Rauney. En 1901, il fit de même avec le chef Camille Chevillard, pour des extraits de l’acte 3 de Siegfried avec Alba Chrétien-Vaguet et Gerville-Réache.

Il se produisit aussi en province française, créant par exemple le rôle de Messour dans Maïda d’André Bloch (le 14 janvier 1873 à Wissembourg et le 7 août 1960 à  Paris)

Ses interprétations dans Aïda, Roméo, Tannhaüser, La Walkyrie, Lohengrin, Tristan et Yseult (1899), L’Or du Rhin, Le Crépuscule des Dieux en 1902 impressionnent encore de nos jours les spécialistes de Wagner. L’anneau des Nibelungen fut son couronnement en 1903, toujours au théâtre de la Monnaie.

Ténor principal vers 1902 à l’Opéra-Comique, où il entra en 1893, Il se fit remarquer dans Carmen (rôle de Don José) et dans Lakmé (rôle de Gérald). Il participa à la création de Fervaal de Vincent D’Indy, qui le tenait en haute estime. Il créa également le rôle de Messour dans Maïda d’André Bloch en septembre 1909 avec Geneviève Vix, Georgette Bréjean-Silver et Henri Dangès à Aix-les-Bains. Félicien Grétry dans Musica écrivit, à propos de la création de Maïda : « Monsieur Imbart de la Tour comme Messour était la perfection pour son chant et son intelligence artistique. Quelle voix puissante, claire et flexible ! Voici un vrai fort ténor, dont l’aigu est aujourd’hui incomparable par sa force et sa pureté. Le célèbre créateur de Fervaal, le professeur au conservatoire est l’un des grands artistes d’aujourd’hui. Il vient de le prouver sans aucun doute. »

Les tournées se succédèrent ensuite : États-Unis, Marseille (1906), Lyon (1907) où il semble qu’il ait commencé à éprouver des problèmes de voix. Toutefois, ses cachets augmentèrent régulièrement, passant de 300 francs vers 1888 à 400 francs vers 1896.

Il épousa en 1902 Marie Anna Hurel, fille de Pierre Étienne et de Marie Alcide Poussin.

Il fut promu Officier de l’Instruction Publique. En mars 1908, il devint professeur d’esthétique de l’Art Lyrique au Conservatoire de Paris. En 1910, Imbart de la Tour chanta la scène finale de Siegfried avec Agnès Borgo aux Concerts Camille Chevillard.

Il donna sa démission en 1911 de Professeur de Chant du Conservatoire pour se retirer dans la solitude de son château « les Mouches », près de Bouillon Sur le-Ilmois dans les Ardennes belges, où il séjournait régulièrement et mourut d’un arrêt cardiaque le 07 septembre 1911, à 15 Heures, à l’âge de 46 ans, comme son frère Jacques Jean-Baptiste.