Nicola Fusati 1876-1956

Nicola Fusati était un ténor italien lyrico-spinto ayant des aigus puissants. Par ailleurs chirurgien, il hésita toujours entre ses deux professions.

Il naquit à Rieti le 14 mai 1876 sous le nom de Nicola Fusacchia. Il suivit des études de médecine à Rome et obtint son diplôme de docteur en médecine à l’Université de Rome en 1901. Il devint chirurgien et fut nommé chirurgien-chef à l’hôpital de Norcia en 1904.  

Ce n’est qu’au cours des premières années de sa pratique médicale, alors qu’il était passionné de chant depuis toujours, que le jeune homme entama des études de chant avec la soprano à la retraite Zaira Falchi. Impressionnée par la voix du ténor en herbe, Zaira encouragea son élève à poursuivre une carrière sur scène. Après quelques concerts et récitals, le Dr Fusacchia, se faisant désormais appeler Nicola Fusati, fit ses débuts sur scène dans le rôle de Radamès dans Aida de Giuseppe Verdi au prestigieux Teatro Petruzzelli de Bari en avril 1908. Parmi les critiques élogieuses figurait un avis du Bari Independent, déclarant que Fusati avait montré : « des notes hautes puissantes, une force extraordinaire et une voix claire. » Il fut également félicité pour son intense jeu d’acteur.

Ainsi, à l’âge relativement tardif de trente-deux ans, Fusati entama une deuxième carrière passant de la chirurgie au métier de ténor dramatique. Au cours des années suivantes, il parcouru l’Italie, avec des engagements dans les principaux théâtres de Bologne, Palerme, Gênes, Parme, Plaisance, Padoue, Naples et Venise.

En 1913, il fit ses débuts en Amérique du Nord dans le cadre d’une tournée avec l’Italian Artists Company d’Antonio Quaranta. Cette tournée aux États-Unis et au Canada comprenait des représentations de Carmen, Cavalleria rusticana et La Gioconda. En 1914, Fusati était de retour en Europe, chantant les trois mêmes opéras avec la compagnie de Quaranta à Budapest. Il ne se produisit que deux fois en 1915, sa carrière étant interrompue par la Première Guerre mondiale lors de l’entrée en guerre de l’Italie.

Enrôlé dans la 3e armée italienne, il servit comme infirmier et atteint le grade de capitaine. Blessé en 1916, il revint à Rome pour se rétablir. Il profita de sa convalescence pour faire ses débuts à La Scala dans le rôle-titre d’Ernani de Verdi. Selon une revue contemporaine, Fusati : « a une voix d’une belle qualité dramatique, mais l’a plutôt gâchée en forçant. » Fusati regagna ensuite à l’armée pendant plus d’un an avant de remettre à nouveau les pieds dans un opéra.

Il quitta encore les scènes, mais cette fois de sa propre volonté. Après une représentation d’Aida à Gênes en janvier 1920, le ténor Fusati redevint le Dr Fusacchia et revint à la pratique médicale.

Après cinq années de chirurgie à Rome, Fusati reprit sa carrière lyrique.  Au total, il posséda un répertoire de moins d’une vingtaine d’opéras tels que Tosca, La Fanciulla del West, Loreley, La Wally, Andrea Chénier, Carmen, Pagliacci, Cavalleria rusticana, Nerone, La Gioconda, L’Africana, Il Trovatore, I Lombardi et Simon Boccanegra.

Son dernier rôle fut Otello, au Teatro Carlo Felice de Gênes en janvier 1929, alors qu’il avait déjà cinquante-deux ans. C’est dans ce rôle que Fusati mit fin à sa carrière au Teatro Municipale de Modène en janvier 1932.

Il reprit à nouveau sa pratique médicale à Rome pour finalement prendre sa retraite de médecin au début des années 50.  

Nicola Fusati est décédé à Rome le 21 janvier 1956 dans sa quatre-vingtième année.

On a qualifié Fusati de ténor « à temps partiel », semblant incapable de choisir entre le chant et la chirurgie. Il a malgré tout réussi à accomplir l’impossible en reprenant à plusieurs reprises et avec succès à une carrière interrompue sur scène.

Sa voix était typique du ténor lyriquo-dramatique, polie et aiguë et avec une bonne étendue vocale, une puissance exceptionnelle dans les aigus et un médium ample et volumineux.

Les rares enregistrements de Fusati ont été réalisés en utilisant à la fois les techniques d’enregistrement acoustique et électrique.