Aroldo Lindi 1888-1944

Aroldo Lindi fut un ténor dramatique suédois, de stature internationale, doté d’un si bémol retentissant. Il est décédé tragiquement sur scène à l’âge de 55 ans.

Aroldo Lindi est né Gustav Harald Lindau, le 26 mai 1888, à Tuna, aujourd’hui Vimmerby, en Suède. Après avoir quitté l’école à l’âge de douze ans pour travailler dans les mines de charbon, il s’embarqua deux ans plus tard vers l’Amérique. En débarquant à Boston, le jeune garçon trouva du travail comme peintre automobile et déménageur de pianos, mais rêvait surtout de devenir boxeur professionnel. Cela nous rappelle le cursus d’un autre ténor, Antonio Paoli (voir page 79).  Le jeune Lindau deviendra bientôt connu comme le « pugiliste chanteur », car il ne manquait jamais une occasion de chanter des airs d’Aida de Verdi. Cela le conduisit à jouer dans une comédie musicale, puis comme porteur de lance dans une production d’Aida, et enfin à une audition devant le Maestro Giuseppe Bamboschek et Marie Sundelius. Avec leur approbation, un financier new-yorkais, John Aspergren, accepta de fournir au ténor les moyens d’étudier avec Mme Dean Dossert et Cesare Sturani, à New-York.

En 1916, Harold Lindau fit ses débuts directement dans le rôle de Radamès dans Aida, avec The Fleck Opera Company, à l’Opéra de Boston. Un critique bostonien déclara : «Cet homme a le même genre de voix que Caruso à son apogée, et vous le réaliserez quand vous l’entendrez chanter. » On lui confia ensuite le rôle de Canio (I Pagiacci) suivi d’une tournée de trois ans avec la Fleck Company visitant les grandes villes de l’est des États-Unis.

En 1921, il partit pour l’Italie afin de poursuivre ses études avec Renato Bellini. Ses débuts italiens eurent lieu à Asti, en novembre 1922, dans le rôle de Don Alvaro (La Forza del Destino). Son nom fut alors changé en Aroldo Lindau. L’imprésario Giuseppe Lusardi lui obtint un engagement au Dal Verme, à Milan, pour chanter Radamès, rôle qu’il reprit au Costanzi de Rome.

confia ensuite le rôle de Canio (I Pagiacci) suivi d’une tournée de trois ans avec la Fleck Company visitant les grandes villes de l’est des États-Unis.

En 1921, il partit pour l’Italie afin de poursuivre ses études avec Renato Bellini. Ses débuts italiens eurent lieu à Asti, en novembre 1922, dans le rôle de Don Alvaro (La Forza del Destino). Son nom fut alors changé en Aroldo Lindau. L’imprésario Giuseppe Lusardi lui obtint un engagement au Dal Verme, à Milan, pour chanter Radamès, rôle qu’il reprit au Costanzi de Rome.

La Scala allait bientôt le contacter. Après une audition devant Arturo Toscanini, il fut engagé pour ouvrir la saison une nouvelle fois avec Radamès. Il fut le premier étranger à avoir cet honneur. De plus, sur les conseils de la direction, son nom fut à nouveau changé, et italianisé en Aroldo Lindi. Pendant une décennie, il chanta dans les principaux théâtres du pays : Milan, Rome, Naples, Florence, Turin, Venise, Vérone, Palerme, Lucca et Grosseto. 

A Lucca, il fut appelé à chanter le rôle de Calaf (Turandot) pour une représentation spéciale en commémoration de la mort de Puccini. Il fut le seul étranger à y participer. La fin de l’année le vit ajouter un autre rôle à son répertoire, Otello, au Vittorio Emanuele de Turin, avec Norma Richter.

L’année 1925 le conduisit à Covent Garden, avec Maria Jeritza en Tosca et Elisabeth Rethberg en Aida. Puis, il participa à un gala spécial à Malaga, devant le roi Alphonse et la reine Victoria, ce qui lui valut le titre de Cavaliere.

C’est alors qu’Herbert Johnson, de la Chicago Opera Company l’engagea pour ouvrir la saison suivante avec Aida. L’année 1926 le vit chanter à Hambourg, Rimini, Lisbonne, Gênes et Palerme. De retour en Amérique à l’automne, le San Francisco War Memorial applaudit son Manrico, avec Claudia Muzio, puis il se rendit à Los Angeles pour Il Trovatore et Aida, avec Rosa Raisa, et ensuite l’ouverture de la saison à Chicago, avec Muzio en Aida, Trovatore avec Loring, et un nouveau rôle, Turiddu, dans Cavalleria rusticana de Mascagni, avec Rosa Raisa.

L’année suivante, il revint dans les plus grands opéras d’Europe, dont le Dal Verme, le Liceo de Barcelone et le Vittorio Emannuele, tous avec Aida, et un retour à Covent Garden comme Calaf. Puis il s’enrichit d’un autre nouveau rôle, celui de Don José dans Carmen à Turin suivi en 1928 du rôle d’Enzo, (dans Gioconda avec Tina Poli Randaccio).

A Pise, il créa avec Eva Turner, le rôle de Calaf. Une troisième saison à Covent Garden inclua Aida et Turandot, tous deux avec Turner. L’année se termina à Crémone avec La Forza del Destino.

En janvier 1932, Lindi chanta Andrea Chénier au Degli Grossete pour la dernière représentation de sa carrière italienne.

Cette dernière prit fin lorsque le régime fasciste interdit l’emploi de chanteurs étrangers. Les autorités refusant d’autoriser les objets d’art à quitter le pays, Lindi eu du mal à récupérer l’un de ses biens. Il s’agissait d’un portrait à l’huile qu’il dut cacher dans la doublure de son pardessus pour passer la douane italienne.

La première partie de 1929 conduira Lindi au Caire, où, avec Aida et Pagliacci, il incarnera Janko dans Fasma.

C’est au Caire qu’il se vit remettre le costume fait main de Radamès, réalisé pour l’interprétation originale de l’Aida de Verdi. L’itinéraire se poursuivit à Alexandrie, Tripoli, Zurich et Barcelone. Au Liceo, Lindi créa le rôle de Calaf. Une tournée en Allemagne avec The Max Sauter Group l’obligea à une activité intense. La nouvelle année le vit à La Scala, au Carlo Felice, et des débuts à Nice, Paris et Monte-Carlo, ainsi qu’un autre Fasma à Malte et plusieurs concerts dans sa Suède natale.

A partir de 1932 sa carrière se poursuivit principalement aux États-Unis et presque exclusivement dans les grandes arènes ou auditoriums : Los Angeles, San Francisco, New-York, Cincinnati, Cleveland, Chicago, Boston.

Malgré plusieurs passages à New York dont le Yankee Stadium, il n’a jamais chanté au Metropolitan.

Il fut le ténor vedette en tournée avec la Compagnie d’opéra du San Carlo de Fortune Gallo dans les années 1930 jusqu’à sa mort en 1944.

L’année 1944 commença à Boston, où vingt-huit ans plus tôt sa carrière avait débuté. Ensuite, il passa à Buffalo, Toronto, Milwaukee, Spokane et San Francisco.

Alors qu’il chantait le rôle de Canio dans I Pagliacci, sur la scène du War Memorial Opera House de San Francisco, il fut frappé d’une crise cardiaque dans l’air célèbre Vesti la Giubba, juste au moment où il prononçait le ridi Pagliacci…in fronto. Il tint la note… et s’écroula, mort, sur la scène.

Lindi a laissé une grande discographie qui comprend soixante-dix airs et chansons, dont certains gravées dans la période 1925-1931 pour Columbia dans les studios Londres et Milan. Nous disposons également d’une intégrale d’Aida, avec Giannina Arangi-Lombardi, Maria Capuana, Armando Borgioli, Tancredi Pasero, Salvatore Baccaloni, et l’orchestre et les chœurs de La Scala dirigés par Lorenzo Molajoli.