Ludwig Suthaus 1906-1971

Ludwig Suthaus fut un célèbre heldentenor allemand. Il fut le ténor dramatique favori du grand chef Wilhelm Furtwängler.

Né à Cologne le 12 décembre 1906, Suthaus était apprenti tailleur de pierre lorsque son talent de chanteur fut découvert pour la première fois. Il commença ensuite des études de chant à l’âge de dix-sept ans dans sa ville natale. Son professeur, Julius Lenz, l’a d’abord pris pour un baryton, mais en 1928 Suthaus fit ses débuts comme ténor à Aix-la-Chapelle avec le rôle de Walther von Stolzing dans Die Meistersinger von Nürnberg de Richard Wagner. De 1932 à 1941, il fut engagé à Stuttgart, mais fut licencié en 1942 parce qu’il refusa de rejoindre le parti nazi.

Suthaus obtint ensuite un nouveau contrat à l’Opéra d’État de Berlin.

Après la guerre, en 1949, il passa de l’Opéra d’État, désormais basé à Berlin-Est, au Städtische Oper basé à Berlin-Ouest. Il demeura membre de cette compagnie jusqu’à la fin de sa carrière.

Parallèlement, il se produisit régulièrement à l’Opéra national de Vienne et comme invité au Royal Opera House de Covent Garden, à La Scala, à Paris, Stuttgart, à l’Opéra national de Bavière à Munich, à San Francisco et à l’Opéra national de Hambourg.

Il se produisit régulièrement au Festival de Bayreuth, à partir de 1943, où il chanta Loge dans Das Rheingold, Siegmund dans Die Walküre et Walther von Stolzing dans Die Meistersinger von Nürnberg, qu’il enregistra en 1943 sous la direction de Hermann Abendroth. Suthaus fut l’un des chanteurs préférés de Wilhelm Furtwängler. 

Il s’est produit sous sa direction à Berlin en 1947 et enregistra avec lui Tristan und Isolde en 1952, Der Ring des Nibelungen dans le rôle de Siegfried en 1953 et Die Walküre dans celui de Siegmund en 1954. 

Il dut arrêter brutalement sa carrière après un accident de voiture et mourut le 7 septembre 1971 à Berlin à l’âge de 64 ans.

La voix de Ludwig Suthaus n’avait certes pas l’énergie vocale de Lauritz Melchior, mais avait une tonalité mélancolique tout en possédant une expressivité lyrique profonde. À son époque, il n’était pas aussi apprécié que ses contemporains Max Lorenz ou Ramón Vinay.

Aujourd’hui, sa performance en Tristan dans l’enregistrement de Furtwängler est considérée comme l’une des meilleures jamais enregistrées, à côté de celles de Melchior, Windgassen et Jon Vickers.