Alessandro Bonci 1870-1940

Alessandro Bonci était un ténor lyrique italien connu internationalement pour son association avec le répertoire du bel canto. Il fut parfois considéré comme un rival du grand Caruso.

Alessandro Bonci naquit le 10 février 1870 à Cesena dans la région italienne de Romagne. Il était le fils de Domenico Bonci et de Camilla Tecchi. Il commença à travailler comme apprenti cordonnier. En 1899, il fut entendu par Augusto Dell ‘Amore, qui lui conseilla d’étudier le chant au Conservatoire Rossini à Pesaro. Ce qu’il fit, grâce à l’obtention d’une bourse. Il y travailla pendant cinq ans avec Carlo Pedrotti qui avait été le professeur du ténor héroïque Francesco Tamagno, puis avec Felice Coen. Il a également suivi des cours de chant privés à Paris avec le baryton retraité Enrico Delle Sedie. Bonci fut déjà loué pour son timbre et la qualité de son chant après un concert d’étudiants à Pesaro le 12 août 1891. En juillet 1892, il a chanté le rôle de Don Eusebio à Pesaro dans l’opéra L’Occasione fa il ladro pour le centenaire de la naissance de Rossini. 

Portraits de Alessandro Bonci
Bonci et Rosina Storchio dans Zazà

Bonci fit ses débuts en Fenton dans Falstaff à Parme (Teatro Regio) le 25 janvier 1896 avec Cappelli, Carobbi, Bellagamba, Martelli, Zeppini, Bastoa sous la direction de Bracale. Son succès fut tel qu’avant la fin de la saison, il fut recruté par la célèbre Scala de Milan, où il chanta dans I puritani. Ce fut le début d’une carrière mondiale: Barcelone, Madrid; 1899: Buenos Aires, Lisbonne; 1900: Londres, Berlin; 1902: Vienne, Cracovie, Lvov; 1903: Bucarest, Budapest, Porto; 1905: Monte Carlo; 1906: Ostende. Les invitations se succédèrent rapidement: à Milan (au Dal Verme pour Faust le 28 avril 1896), à Rome (Rigoletto le 30 mai 1896), Milan (au Lirico pour La Vivandiera le 22 septembre 1896, Mignon le 10 octobre 1896 et La Sonnambula le 13 novembre suivant). En 1897, Bonci ajouta I Puritani (Gênes le 6 janvier 1897), Il Signor di Pourceaugnac (Scala de Milan le 10 avril 1897), Fra Diavolo (Varsovie le 30 octobre 1897), (Il Barbiere di Siviglia (Varsovie 11 novembre 1897 ) et Don Giovanni (Varsovie, 29 novembre 1897.) Il a également visité Saint-Pétersbourg.

Alessandro Bonci

Le 3 décembre 1906, Bonci fit ses débuts américains avec la Manhattan Opera Company à New-York avec encore une fois I Puritani. Il est resté deux saisons avec la compagnie, devenant un concurrent populaire d’Enrico Caruso, qui était la principale tête d’affiche du Metropolitan Opera. Bonci a rejoignit le Metropolitan Opera en 1908 puis, en 1914, le Chicago Opera. Il fait également une tournée transcontinentale en Amérique en 1910-1911, donnant des récitals.

Il s’est aussi produit dans les villes suivantes: Spa, Philadelphie, Boston, Baltimore, Washington, Chicago, Pittsburgh, Paris, Denver, Brooklyn, Montevideo; Saint-Louis, Louisville, La Havane. Anna Harbour, Oberlin, San Francisco, Portland, Vancouver, Rosario, Sao Paulo, Rio de Janeiro, Toronto, Norwich, Cleveland, Grand Rapid, Bethléem, Los Angeles, Paterson, Cincinnati, Mexico, San Louis Potosi, Monterrey, Guadalajara, Saltillo, Durango, Torreon, Tampico, Richmond.

Bonci a servi dans l’armée italienne pendant la Première Guerre mondiale, retournant en Amérique pour une tournée pendant trois saisons après la fin du conflit. Il revint encore au Metropolitan Opera et chanta à Chicago pendant la saison 1920-21. En 1922 et 1923, il fut le ténor principal du Teatro Costanzi à Rome et dirigea des masterclasses à travers les États-Unis l’année suivante. Après 1925, Bonci se mit en retraite partielle, se consacrant principalement à l’enseignement à Milan. Il chanta encore occasionnellement en public jusqu’en 1935.

Il est décédé à Viserba, Rimini, en 1940, à l’âge de 70 ans. Le théâtre lyrique communal de Cesena porte son nom.

Le Théâtre Alessandro Bonci à Cesena

Bonci avait un répertoire de 29 opéras. C’était un homme sage et sa voix n’était pas trop grosse. Il était doux, élégant et souple, avec d’excellentes notes aiguës et un contre-ut facile. Il chantait avec ce qui à l’époque aurait été considéré comme un vibrato standard, mais qui actuellement est considéré comme excessif. Ses cadences et ses capacités à réaliser des diminuendo sur des notes aiguës ont ajouté à sa renommée.